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Association québécoise des enseignantes
et des enseignants du primaire

Résumé

Je m’excuse à l’avance… Cette chronique pourrait vous donner envie de vous procurer ce livre que l’auteure elle-même vous recommande d’éviter (et qui oui, contient des fautes d’orthographe…). En ce qui me concerne, c’est trop tard, j’en suis accro ! 

Élise Gravel est de retour avec cette double histoire, ou plutôt un récit accompagné de son autocritique. Dans les pages de gauche, vous trouverez une belle histoire de château, alors que dans celles de droite, trois créatures « graveloises » commentent ce qui se déroule de l’autre côté.

Dans la trame de gauche, on retrouve donc la « prinssesse » Barbarotte et son courageux « prinsse » Poitrick qui vivent dans un beau château entouré d’un beau paysage et de beau gazon. C’est une journée tranquille jusqu’à ce qu’un vilain « monsstre » arrive. Barbarotte ne pouvant se défendre (puisque c’est une fille), Poitrick la secourt avec son fidèle cheval Poutineau. Il est récompensé par le roi pour sa bravoure.

Vous aurez compris que le piquant du livre ne vient pas de l’histoire, mais des commentaires continus des trois personnages accessoires. En même temps qu’eux, vous noterez que le livre est un parfait contrexemple de ce que l’on souhaite faire écrire par les élèves. Parmi les détails relevés, on trouve des temps morts, un dialogue nul, une description sans intérêt, du vocabulaire trop compliqué, des propos sexistes, de la violence gratuite, une publicité même pas cachée, une fin décevante et pire que tout, une scène d’amour ! 

Si vos élèves ressemblent aux miens, vous avez surement croisé des particularités semblables dans leurs compositions… Ce livre adorable risque de ressortir souvent des tablettes en tant que référence de pièges à éviter !

Piste d’exploration

On aime enseigner l’écriture en s’inspirant d’auteurs modèles qui appliquent des techniques efficaces, c’est certain, mais je vous promets que l’idée de montrer l’opposé de ce que l’on cherche sera efficace ! En plus de rire de tous les « défauts » du livre, vous pourrez les exploiter en étant assurés de voir les élèves rigoler en travaillant. Voici quelques idées :

  • Imaginez, dans un récit de trois temps, une journée trépidante dans la vie de Barbarotte ou de Poitrick.
  • Identifiez les caractéristiques des personnages et inventez-en d’autres sur ce modèle « trop banal ». 
  • Créez des pubs bidons à insérer dans vos prochaines histoires. 
  • Inventer une meilleure fin. 
  • Illustrer une scène d’action avec des onomatopées.
  • Réécrivez le dialogue moche entre Barbarotte et le monstre. 
  • Reformulez la description du paysage qui contient huit fois l’expression « super beau » (et envoyez votre texte à Élise pour l’aider à développer son vocabulaire, parce que bon…).

Pour bien profiter du style d’Élise Gravel

Ce livre gagnera à être lu en fin d’année avec les 1re année. J’ajouterais que cela vaut la peine d’avoir au préalable découvert l’œuvre de l’auteure pour savourer l’ampleur de l’ironie de cet ouvrage.

Si on ne connait pas bien Élise Gravel, son amour pour les petits monstres, l’humour et ses convictions sur l’égalité, on risque d’être choqué par le passage sexiste… alors qu’après avoir lu d’autres albums comme le fameux Tu peux, le contraste est vraiment rigolo ! 

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par
Caroline Tringali
enseignante au 1er cycle, Pie-XII
caroline-tringali@cspi.qc.ca

Titre: Le pire livre du monde
Auteure: Élise Gravel
Illustratrice: Élise Gravel
Maison d’édition: Scholastic
Année: 2019

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