Connexion

Mot de passe oublié ?
Association québécoise des enseignantes
et des enseignants du primaire

Résumé

Clovis est un beau petit blond frisé comme un mouton qui n’aime pas du tout s’habiller ! Sa maman a beau le vêtir joliment, ses habits s’envolent aussitôt qu’elle a le dos tourné. Et elle est bien inquiète pour l’hiver qui arrive… Jusqu’à une journée où il trouve à son gout des bobettes zébrée. Alors ce petit singe se retrouve ligné de la tête au pied

Inspirée du fils de Guylaine Guay, cette mignonne histoire aborde de façon humoristique les troubles du spectre de l’autisme. L’ouverture à la différence est joyeusement présente dans chaque page. Et bien que le récit rigolo captera avant tout l’attention des enfants, si vous avez envie d’exploiter cet aspect et d’élargir la compréhension de vos élèves, j’y reviendrai dans la dernière section, après une suggestion plus ludique.

Piste d’exploration

Après la lecture, une drôle d’activité serait de créer un magasin de vêtements pour tenter de convaincre Clovis de s’habiller. Plusieurs méthodologies peuvent être envisagées selon vos objectifs : production d’affiches publicitaires décrivant vos habits, décoration de chandails selon des critères artistiques ou géométriques, écriture pour proposer une tenue adéquate pour une activité donnée ou encore présentations orales de vos plus belles créations de designer et de leurs points forts.

Outre ce projet mode, le fait que Clovis soit le champion au concours du garçon qui se déshabille le plus vite et les comparaisons animales avec lesquelles sa maman le décrit (drôle comme un singe, frisé comme un mouton…) vous donneront peut-être envie d’imiter l’idée. Dans le quotidien de la classe, il sera facile de nommer vos élèves champions dans des domaines routiniers et de créer ensemble une banque d’expressions animales en travaillant le lexique.

Pour aller plus loin

En tant que maman d’un enfant autiste, ça fait du bien de découvrir un album qui en parle avec joie et rire. Parce que oui, l’autisme c’est un défi, mais c’est aussi une source de lumière et de spontanéité dans un quotidien. Aborder ce thème en classe sans être formé n’est pas évident… Le spectre de l’autisme, c’est large ! Je vous propose tout de même humblement quelques pistes que j’ai trouvées aidantes à travers les années.

De façon officielle, on parle habituellement de différences au niveau de la communication, des interactions sociales et des comportements. Mais avec les petits, nommer quelques traits plus faciles à observer, en soulignant que ce sont des exemples, que chaque autiste est différent et que tout le monde peut avoir quelques-uns de ces traits, c’est souvent plus éclairant et rassembleur.

En fait, une idée de base facilitante est de parler du fait qu’on est tous différents. La différence de l’autisme, elle vient du cerveau qui ne traite pas les données de la même façon. Dans une conférence, j’avais entendu une autiste comparer ce traitement à des interrupteurs et j’ai adopté depuis cette façon simple de l’expliquer. Dans ce parallèle, le cerveau neurotypique serait comparable à un gradateur de lumière (en avoir un sous la main est d’ailleurs pratique pour mieux visualiser). Les informations qu’on reçoit arrivent graduellement, avec des intensités variables qu’on peut modifier assez facilement, comme quand on tourne le gradateur pour avoir une lumière tamisée. Un cerveau autistique agit quant à lui parfois comme un interrupteur traditionnel (ouvert ou fermé). Quand l’information arrive, elle peut être soudaine et intense, et en modifier l’intensité n’est pas évident.

Concrètement, voici quelques exemples que vos élèves pourraient observer dans un quotidien scolaire :

  • Au niveau sensoriel, un enfant autiste pourrait être plus sensible et avoir besoin de se protéger. Il pourrait aussi beaucoup aimer stimuler ses sens en bougeant. Parfois, rester concentré devient difficile à cause de tout ce qui entre en même temps dans son cerveau.
  • Quand il a des émotions, autant les joies que les frustrations pourraient arriver vite et fort. Il pourrait avoir besoin d’aide pour se calmer ou utiliser des gestes apaisants comme se bercer. D’ailleurs, ça fait du bien à tout le monde de le faire !
  • Quand il communique, il pourrait avoir de la difficulté à utiliser des mots. Il pourrait aussi aimer répéter ce qu’il entend ou parler sans regarder la personne devant lui. C’est une bonne façon de faire baisser les émotions.
  • Il pourrait aimer parler beaucoup de ses sujets préférés, comme un vrai expert, ou encore préférer travailler dans son coin.
  • Dans leur routine, certains préfèrent faire les choses toujours de la même façon parce que c’est rassurant.

Ce sont quelques exemples que vous pourrez élaborer avec l’aide de vos élèves qui connaissent des autistes près d’eux. Au-delà de ces caractéristiques, je vous invite à souligner le fait qu’un enfant autiste, c’est différent, mais c’est aussi semblable. Il aime jouer, apprendre, avoir des amis… Il n’y a pas qu’eux qui sont parfois rigides, émotifs, timides ou sensibles. Chacun a des forces, des faiblesses et des besoins. Et s’entraider pour répondre à nos besoins, c’est gagnant !

_

 

par
Caroline Tringali
enseignante au 1er cycle, Pie-XII
caroline-tringali@cspi.qc.ca

Titre: Clovis est toujours tout nu
Auteure: Guylaine Guay
Illustrateur: Orbie
Maison d’édition: La Bagnole
Année: 2019

Cliquez ici pour une version imprimable de cette chronique

Pour encore plus de contenu, adhérez dès maintenant à Vivre le primaire. Une revue professionnelle créée par et pour des enseignants.

retour aux nouvelles